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Présidentielles françaises / Le final…

Macron-président-français-2017En marche la France ! Ainsi prennent fin – c’est Jean-Luc Mélenchon qui le dit –  « les élections les plus lamentables de la 5ème République » ! Emmanuel Macron 39 ans est élu à la tête de la 5ème puissance mondiale avec 66,10% des suffrages exprimés contre 33,9% pour Marine Le Pen, patronne du Front National ; soit 11 millions de voix. Une belle victoire pour la candidate qui enregistre le plus gros score de l’histoire de son parti.

Emmanuel Macron, le plus jeune président jamais élu en France, entre dans l’histoire à bien des niveaux. Outre sa jeunesse, c’est un inconnu trois ans en arrière qui dès sa première tentative accède sans grande résistance à l’Elysée. Elu dans un second tour qui enregistre le taux d’abstention le plus élevé de l’histoire des seconds tours en France. C’est en outre la première élection au cours de laquelle les partis traditionnels sont éjectés sans ménagement aucun, hors de l’arène présidentielle.

C’est un coup de maître pour ce jeune politicien qui avec son mouvement « En Marche » et sa promesse de renouveau, parvient à séduire une France embourbée dans des crises identitaires, dans la lutte contre le terrorisme, dans le chômage et dans les questions de santé et d’éducation.

Le vrai défi après cette opération réussie, est l’obtention d’une majorité parlementaire ; et ce n’est pas gagné !

Le mouvement « En Marche » inspiré des initiales de son fondateur, désormais président de la République, n’est pas un parti politique. L’homme ne se réclame ni de la gauche ni de la droite.  Il dit être un rassembleur. Associer les bonnes idées de la gauche et de la droite et offrir une nouvelle recette aux Français. Un centriste à dire vrai. D’ailleurs, celui-ci a, à ses premières heures, bénéficié du soutien de François Bayrou, incarnation du centre en France mais qui avait échoué à vendre son projet aux Français. Lui-même confesse d’ailleurs qu’Emmanuel Macron a réussi là où il a échoué.

Sa victoire au second tour, Emmanuel Macron la doit surtout au report de voix considérable en sa faveur visant à faire barrage au Front National. Les électeurs devraient logiquement se tourner vers leurs partis d’origine pour les législatives à venir.

La stratégie du mouvement d’Emmanuel Macron pour la gestion de la France, est de s’appuyer sur les hommes expérimentés de la droite ou de la gauche qui voudront s’associer à lui. Il ne refuse pas les ténors des partis traditionnels désireux de l’aider dans sa tâche. Pourtant à gauche comme à droite, nombreux sont ceux à droite surtout qui parient en raison des relations avec François Hollande et du fait d’avoir participé à son gouvernement, qu’il penchera plus pour une politique de gauche que de droite. Le défi pour ces deux partis est donc de tirer le drap Macron de leur côté.

A son avènement sous les bombes françaises à la tête de l’Etat ivoirien, l’empereur Ouattara II s’est inscrit dans une cogestion du navire Ivoire dont il avait la responsabilité avec le PDCI-RDA. Une alliance très bénéfique pour le RDR qui à lui seul n’aurait pu accéder à la tête de l’Etat.

Le mouvement « En Marche » d’Emmanuel Macron tout comme le RDR en 2010 se retrouve dans une considération similaire. A la différence que ledit mouvement ne doit pas son salut à un mais deux partis avec lesquels il devra obligatoirement s’allier afin d’obtenir une majorité.

Au parti Les Républicains, la question divise. Certains ténors du parti notamment François Baroin menacent d’exclure toute personne qui se rapprocherait d’Emmanuel Macron ; tandis que chez « En Marche », l’on est prêt à investir tout candidat se présentant au nom d’ «En Marche » auquel cas, socialiste et républicain se verraient opposer un candidat face à eux pour les prochaines joutes législatives. En jeu, les subventions d’Etat allouées aux partis politiques qui doivent présenter pour l’acquérir une cinquantaine de candidats minimum ayant obligation de recueillir au moins 1% des suffrages exprimés.

Au parti socialiste profondément affaibli par les 6% de Benoit Hamon, le dilemme est le même. Flirter avec Emmanuel Macron qui après tout a gouverné avec la gauche même s’il en est sorti plus tard… D’autant plus que la France insoumise de Jean Luc Mélenchon est en embuscade dans les fiefs du PS.

La réponse à toutes ces problématiques se trouve sur les lèvres du nouveau président dont l’équipe est inconnue. Il doit nécessairement composer avec une équipe expérimentée pour assurer l’équilibre de son gouvernement ni gauche ni droite. Le coup est certes le renouvellement de la classe politique ; mais aussi un jeu d’équilibriste qui, l’on l’espère, ne tordra pas les jambes au président fraichement élu !

BABETH BERIYTH

A propos Casimir KOUADIO

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