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Politique / Côte d’Ivoire – Le saint Guillaume Soro voit loin…!

 Ferkéssédougou – rébellion – Assemblée nationale ;  Et demain ?

Pour tester peut-être l’humeur des Ivoiriens, prononcez le nom ‘’Soro Guillaume’’ où vous voulez, et l’on vous répondra qu’il faut le prendre au sérieux… Combien de fois ne l’a-t-on pas entendu crier qu’«un bon député est un député réélu» ? Ou alors vous voulez jauger son endurance ? Et là, mieux vaut ne pas tenter le diable ! Il est clair aujourd’hui qu’il est doublement un bon député si on suit cette ligne de définition.
En général, il est de parole rare. Il prend tout le temps d’écouter avant de répondre. Aujourd’hui à Ferkessédougou, c’est une bonne partie de la population qui ressent une certaine fierté de Guillaume Soro. En tout cas, celui qui était le secrétaire général des Forces Nouvelles est loin de ressembler à ces nombreux chefs rebelles africains qui n’ont pas laissé d’empreinte sur leurs terres natales. A la tête de la rébellion, Guillaume Soro en a profité pour construire Ferkessédougou, sa terre natale en y effectuant même quelques réalisations importantes pendant la crise.
La petite enquête que « L’Eléphant » a ouverte sur les hommes politiques de Côte d’Ivoire lui a permis de savoir que Kigbafori Soro est le premier fils d’une famille de sept (7) garçons. Il faut le dire -et cela est vrai- la ville du Nord du pays a aujourd’hui un nouveau visage que celui que l’on a vu avant la guerre ; eh bien, notez que c’est grâce à Soro Guillaume. Du secrétariat général des Forces Nouvelles à la Primature, Guillaume Soro a fait un bond qualitatif. De l’état de chef rebelle à son statut de chef de gouvernement de la République de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro a pu réaliser certains rêves, comme le font les hommes d’Etat africain. Etant à la Primature, il n’a pas lésiné sur les moyens pour s’offrir une résidence de luxe à Lafokpôkaha, son village natal, situé à sept (7) kilomètres de Ferkéssédougou. Notre compagnon du jour a laissé sortir ce bout de phrase : « Guillaume Soro a vraiment aidé à positionner Ferkessédougou ».
Depuis la Primature, il a entièrement réhabilité le Centre polyvalent de Ferkéssédougou qui porte son nom. Lequel centre contient une salle de mariage et une salle de conférence. Il a également fourni les moyens qui ont servi à rénover le stade de Ferké ainsi qu’au renforcement du réseau électrique. Si le Président Houphouët-Boigny est parti en laissant Henri Konan Bédié comme dauphin, et que Bédié n’a eu le temps de préparer quoi que ce soit quand il était au pouvoir, notre Président Ouattara Alassane voudrait-il faire la même chose ? Un journaliste de « RFI » a eu l’idée de poser une question à Soro : Vous dites que, pour être le dauphin du président Ouattara, il faut avoir toute sa confiance. Mais à Abidjan, certains disent que, depuis vos démêlés judiciaires avec le Burkina Faso, vous avez perdu cette confiance du président de la République ? Soro répondra : « (Rires) Non, non, non. Je crois que ma relation avec le président Alassane Ouattara est non seulement excellente, mais elle est au-dessus des conjonctures temporelles.» («RFI», 21/6/2016). Et si vous avez l’impression qu’une autre personnalité occupe sa place dans le cœur de Ouattara, il vous dira : « Mais ça, c’est purement de la gaminerie. Pourquoi voulez-vous que j’éprouve de la jalousie, ça n’a rien à voir ! Je souhaite bonne chance à qui le président de la République fera confiance. »

Guillaume Soro pense à 2020
Notre ami le journaliste à « RFI » a posé une autre question au fils de Ferké : Si, à la fin de cette année, vous êtes réélu au perchoir, est-ce que naturellement vous ne penserez pas à une candidature présidentielle pour 2020 ? Ça c’est intéressant ! Suivons bien la réponse de Soro Kigbafory : « Evidemment en Côte d’Ivoire, tout le monde pense bien entendu à 2020. Et je pense que le président Ouattara pense à 2020, plus que tout le monde. Et avec son aîné, le président Henri Konan Bédié, je suis convaincu qu’ils sont soucieux de préparer de façon harmonieuse et tranquille leur succession. » Quoiqu’on dise de notre ami Guillaume Soro, il sait compter sur certaines choses que sont ses ressources, son parcours, son discours, son CV, ses amitiés et la confiance du président de la République pour avancer.
Finalement au sujet de ses relations avec la France, qui sont un petit peu compliquées depuis que la Police française a voulu l’interpeller à son domicile près de Paris, il pense ce qui suit : « Deux choses. Mes relations ne sont pas compliquées avec la France, c’est faux de le dire. Il se trouve que j’ai été en France, en mission. Un juge, madame Sabine Khéris, bien connue dans le milieu puisque c’est la même dame qui a voulu interpeller un officiel marocain, c’est la même dame qui m’a envoyé un mandat d’amener. Donc, il faut distinguer la France judiciaire et la France politique, c’est différent. Donc cette dame m’a envoyé un mandat d’amener, un abus de pouvoir puisque j’étais sur le territoire français avec l’immunité diplomatique. Cette question doit se régler au niveau de la justice. Elle a envoyé une commission rogatoire à Abidjan. Depuis le mois de janvier, la justice ivoirienne a écrit à madame Sabine Khéris pour lui demander de venir à Abidjan pour assister un magistrat pour m’entendre. Elle est abonnée absente. Elle n’est pas venue. Donc la balle est plutôt dans son camp. Quand je vois l’acharnement qu’elle a eu à vouloir m’entendre à Paris, je suis surpris qu’elle freine des quatre fers quand on lui donne l’opportunité justement de venir m’entendre à Abidjan ».

Et demain ?
Il y a des choses qui font réfléchir un peu. Il y a un député qui nous a rapporté, sans admiration, que Soro est un homme d’Etat. Il nous suffit de regarder son parcours ; tout son parcours. Suivons l’Honorable : «Soro, Regardons-le depuis la Fesci. Tout petit, il est entré dans la cour des Grands. Par moment, il ne fait pas usage de la force des muscles, non ; il ne fait pas usage des armes. Mais son caractère force les gens à lui accorder respect et admiration. Il n’est pas un hyper-intelligent dans cette Côte d’Ivoire, mais il faut qu’on regarde avec attention son cursus. Il a eu une école normale. Le peu de diplômes qu’il a eus, il l’a fait normalement. Quand est venue cette histoire de rébellion, il a été intelligent pour se mette à la place qu’il faut au moment où il fallait. Ce qu’un ami Anglais appelait « The right man in the right place ». Et aujourd’hui, il est à l’Assemblée nationale. Alors jeune frère, puisque nous parlons de lui, je vais te poser une question à laquelle je ne te demande pas de répondre. Dis-moi, et demain, que fera-t-il ? Qui sera-t-il ? Vous êtes les plus jeunes. Vous verrez bien ! »
Oui, seul l’avenir répondra à la question. Il dit que notre président et son ainé lui font confiance. Nous avons suivi ses traces que nous résumons en ces termes: d’un chef rebelle à un acteur de développement. Notre miroir magique dit qu’il va falloir compter avec lui demain, d’une manière ou d’une autre.

Antoine EDO

A propos Casimir KOUADIO

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