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L’humeur de Francis taky / Le prix de l’incivisme…

Dans sa marche  vers l’émergence en passant par  la refondation et  les douze chantiers de l’éléphant d’Afrique, il  y a  des situations qui appellent à la réflexion et au bon sens. De notre accession à l’indépendance, des actes ont été posés. Et non des moindres. Dans un sens positif mais aussi dans un sens négatif dont les répercussions continuent de se faire sentir. La Côte d’Ivoire comme toute société humaine s’est voulue moderne en se donnant un modèle de fonctionnement qui dans la grande majorité est copié sur le modèle de la colonisation.  Des institutions ont été mises en place même si certaines se sont avérées budgétivores et quasiment intitules pour le développement  du Pays.  Mais  il faille tout de même trouver des palliatifs  pour récompenser les copains et les coquins pour donner des frais de bouche à tous ou presque. Mais au-delà de la mise sur pieds de ces institutions, il s’est posé souventes fois la question du respect de ces institutions.

Dans bien des cas, la force publique a  été utilisée pour dompter les populations. A titre d’exemple certaines révoltes et rebellions ont été très tôt étouffées dans l’œuf. Les Agni Sanwi avec ce qui est appelé «les évènements du Sanwi » (1963) ont encore en mémoire les affres de leur attachement au parti progressiste de Koumé Benzème. Les partisans de Gragbé Gnagbé dans l’affaire Guébié (1970) ont payé les frais du déploiement de la force publique dans une affaire qui est restée une affaire d’Etat et dont l’interprétation et l’utilisation à des fins politico politiciennes restent d’actualité. La tentative d’insoumission de la population de Yakasé Bini dans le Gotougou pour une question de sous-préfecture où le drapeau ivoirien a  été trainé par terre  ne sera pas oublié de surtout par les peuples Bini et Abondji de la sous-préfecture de Kouassi-Datékro. Pour ne citer que ceux-là.

En dépit de l’usage de la violence pour étouffer ces actes de révoltes et de rebellions, l’insoumission ne s’est pas estompée. Les actes se suivent et se succèdent avec pour couronnement une  tentative de coup d’Etat qui s’est muée en une rébellion armée en la date fatidique du 19 septembre 2002.  Les  conséquences ne sont pas quantifiables.  Point besoin de faire un rappel.  Cependant depuis 2010 où les ivoiriens pensaient retrouver une certaine normalité,  des actes de défiance de l’autorité  ne font que se multiplier.  Si  ce n’est pas l’opposition déjà muselée et en perte de vitesse qui essaie de faire des marches quand bien même on sait qu’elle ne sera pas autorisée, ce sont les populations qui s’en prennent aux symboles de l’Etat, à la force publique.  A Odienné,  dans un passé récent, le drapeau ivoirien a  été brulé ? S’en est suivi quelques années plupart, le saccage en 2015 du commissariat de police  avec à la clé l’incendie du véhicule du commissariat. A Katiola, en 2016, les populations se sont prises aux policiers en brulant le commissariat de police.

A Ouangolo, la préfecture a  été saccagée par les populations où certains en adolescents dans les candides innocences se sont amusés à  arborer les apparats du gouverneur de la localité : le préfet dont la vie a  été sauve par une exfiltration de la police dans des conditions ahurissantes et avilissantes. Le cas particulier de la ville de Bouaké, balafrée et défigurée par la  guerre et bien d’année de manque d’activité économique dynamique, les jeunes désœuvrés attendent tous la moindre étincelle pour s’adonner au pillage et ressembler à leurs idoles qui ne sont des personnes autres que des faux modèles dont la fortune repose sur le pillage des ressources forestières et naturelle  lors des nombreuses années de rebellions. Le sol et le sous-sol ont été visités et revisités par les seigneurs de guerre et leurs suppôts.  A  ces palmarès lugubres, on peut ajouter les casses des différentes agences de la Bceao dans ces zones qui étaient sous la responsabilité des ex-responsables de la rébellion. Cela est un secret de polichinelle, les ivoiriens et la communauté internationale savent,  avec le temps, ce qui a bien pu se  passer. Ces actions ont eu pour conséquence la culture de  l’incivisme dont les conséquences nous retombent sur la tête.  Comment dans un Etat normal, presque tout s’arrache par la force ? Eh bien ! Quand on crée les conditions d’un non État dans une partie du pays. Et qu’on en a profité pour piller les ressources forestières et extractives de la zone au motif de combattre une certaine injustice. Quand des enfants qui sont nés en 2002 ont aujourd’hui 15 ans et que bien d’autres qui sont nés avant, soit 06 ans avant 2002 ont aujourd’hui 21 ans et qu’ils ont grandi dans un environnement de non-droit et non-Etat, on peut facilement deviner leurs comportements. Chez eux, l’anormal est devenu normal. Les modèles sont les  »faux modèles » qu’ils voient toujours. La violence est la norme…

F.T

A propos Casimir KOUADIO

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