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En marche l’Union Africaine / L’autonomie financière, c’est maintenant !

L’argent peut tout, il brise les roches, dessèche les rivières ; il n’y a lieu si haut qu’un âne chargé d’or n’y parvienne » disait l’écrivain dramaturge Fernando de Rojas. L’Afrique bien que riche de son sol, de son sous-sol, de sa faune et de sa flore n’en possède pas assez ! Elle est certes riche, mais pas pour elle… Aussi, y a-t-elle trouvé une alternative : la politique de la main tendue. Ce n’est un secret pout personne ; tendre la main est l’un des dadas favoris du continent africain. Un péché mignon qui, force est de le reconnaitre, fait de lui et par ricochet des Etats qui le composent, des assistés éternels.

Emprisonnée dans sa misère
Continent au taux de croissance émergent, à cours d’argent et en conséquence à cours de pouvoir, larmoyant sur l’exploitation de ses richesses par le colonisateur dont les crocs demeurent profondément enfoncés dans la chair, l’Afrique en est encore aux balbutiements d’une indépendance acquise pourtant (en théorie seulement) depuis plus d’une cinquantaine d’années.
Le statut « d’assisté » des Etats africains s’étend à tous les domaines. Politique, financière, militaire, sociale, médicale et judiciaire.
L’Etat centrafricain plongé dans une guerre civile après la chute de l’ex-président François Bozizé, dépend pour sa sécurité des troupes françaises (dont l’ex-président français François Hollande avait annoncé le départ) quand bien même on y a adjoint des troupes africaines mais également des troupes onusiennes à savoir la Minusca.
Le Mali frappé par le terrorisme dépend entièrement pour sa sécurité de la force française Barkhane ; une dépendance telle que l’Etat malien dût procéder en 2014, au risque de scandaliser les populations à la libération de quatre djihadistes en échange de l’ex-otage français Serges Lazarevic.
En 2011, l’empereur Ouattara II eut besoin des bombes françaises pour se poser sur le trône royal d’où il promet l’émergence en 2020.
Incapable de juger ses propres leaders, encore moins de soigner ses propres populations, le continent dépend de la justice de la Cour Pénale Internationale qui sort par les narines de nombreux Africains qui ne voient rien d’autre en elle que le bourreau officiel des Africains.
Un continent dont la pauvreté, la misère et l’insécurité poussent de plus en plus d’Africains sur les eaux dangereuses de l’Europe vers un eldorado hypothétique.
Le statut d’assisté éternel pourrait pourtant prendre fin si le continent s’en donne les moyens…
Sauter le pas
Le continent est pourtant doté d’institutions capables de faire la différence ; de la hisser au niveau supérieur. Mais ces institutions en dépit de toute bonne volonté demeurent impuissantes tant qu’elles dépendent financièrement de capitaux étrangers.
L’UA le sait bien ; elle qui dépend pour les ¾ de son budget de l’aide européenne, chinoise et même de l’aide provenant de la banque mondiale. Elle a pour cette raison décidé de prendre le taureau par les cornes en œuvrant pour son indépendance financière à travers l’instauration d’une taxe de 0,2% sur les produits importés de l’étranger. Ceci devrait faire passer son budget de 447 millions de dollars à 1.200.000.000 de milliard de dollars soit plus de 689 milliards de Franc CFA (689.574.277.678 FCFA). Plus facile à dire qu’à faire car l’Afrique du Sud, l’Angola et l’Egypte ont des scrupules à l’idée de fâcher, leurs partenaires commerciaux non africains.
Toutefois, sauter le pas permettrait à l’UA de financer la totalité de ses activités et retrouver son indépendance ; la vraie à l’image des autres institutions existant sur les autres continents. Fâcher ses partenaires, y compris l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) pour bâtir une Afrique forte et autonome tel est le véritable enjeu de cette taxe…
Des chefs d’Etats et leaders Africains tels qu’Alpha Condé pour qui « l’impératif est de renforcer » l’Union Africaine, Donald Kaberuka ancien président de la Banque Africaine de Développement (BAD) Paul Kagamé le président Rwandais auteur de la réforme, dont le profond désir de s’affranchir du colon et de toute espèce de domination n’est un secret pour personne. « L’Afrique doit s’appuyer sur les réformes financières et se donner les moyens de financer ses projets », déclarait-il à l’occasion de sa rencontre le 24 avril dernier avec le président Guinéen et le président Tchadien Idriss Deby pour qui « Nous devons franchir un pallier de taille en marquant notre engagement à donner corps à cette réforme déterminante pour la vie et le futur de l’Union Africaine ». Joindre l’acte à la parole, tel est le grand défi…
BABETH BERIYTH

A propos Casimir KOUADIO

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