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CÔTE D’IVOIRE / Mamadou Coulibaly prononce le requiem du Sénat

Le président de LIDER, le professeur Mamadou Coulibaly et l’honorable Konan Koffi  Marius, député de la nation, ont animé, le samedi dernier, au Palm club, un panel des Alumni du programme de formation « Génération à Venir », autrefois intitulé «  Formation des jeunes au leadership » ; programme initié, en 2005 par la Fondation Friedrich Ebert et son partenaire le CIDD, cherchant des jeunes gens qui souhaitent influencer la vie politique, économique et sociale de leur pays en vue de soutenir son développement. En d’autres termes ces deux institutions préparent les jeunes à leur repositionnement face aux questions d’intérêt national et international ; afin de contribuer ainsi à l’émergence d’une nouvelle génération politique de jeunes hommes et de jeunes femmes dynamiques.

Rappelons que la Fondation Friedrich Ebert s’est fixée comme leitmotiv  et mission principale, la promotion de la démocratie, de la démocratie sociale, notamment la justice sociale, la solidarité et l’égalité. Pour preuve, le thème du panel de ce jour-là est : « Jeunes, engagement politique et Institutions démocratiques : le cas du Sénat ivoirien ». Les panélistes se sont prononcés sur le Sénat et la cohésion sociale et ont fait des propositions. Le président de LIDER, a fait un exposé sur l’inopportunité  d’un Sénat en Côte d’Ivoire. Pour lui, à quoi cela sert-il d’avoir un Sénat en Côte d’Ivoire si les conditions ne sont pas réunies ?

A cette interrogation, il va répondre : « Rien du tout ; à part une augmentation de politiciens ». Le professeur Mamadou Coulibaly, après avoir affiché sa non-adhésion à l’idée d’un Sénat en Côte d’Ivoire, a tout aussi émis des doutes quant à la possibilité de la paire Sénat-Cohésion sociale. Pour preuve, il a évoqué le découpage électoral, ses incohérences et ses handicapes qui constituent une source de rupture avec la cohésion sociale. « C’est une affaire de compétence technique. C’est du bricolage », a-t-il dit.

Aussi, a-t-il évoqué la question de la non indépendance de la Commission électorale indépendante ivoirienne (CEI) qui, en réalité n’est pas indépendante : « Elle n’est pas indépendante du tout, sur le plan fonctionnel, financier et organique. Elle a organisé des élections tordues dans le pays », a-t-il déclaré. Selon lui, le Sénat ne pourra pas apporter de cohésion sociale  «  tant qu’on aura pas résolu ces problèmes ». Et avec ces règles actuelles, le Sénat, une fois constitué, ne pourra pas faire grand-chose ; notamment pour les jeunes, en matière d’emploi, de santé, de formation, etc. Se tournant vers ces jeunes, il les a exhortés à s’engager et à travailler politiquement dès à présent ; afin d’exiger  une CEI Indépendante et un découpage électoral cohérent, qui respecte certains critères.

Il venait ainsi en soutien à l’honorable Konan Marius qui, lui, a demandé aux jeunes d’oser pour qu’il y ait plus d’engagement à leur niveau, engagement politique ferme et idéologique ; un engagement sur la base de programme et non pour des raisons religieuses,  ethniques ou régionales, pour que les autres ne prennent plus de décision les concernant à leur place. Ils doivent œuvrer à entrer dans les instances de décisions pour influencer positivement la vie de la nation ; parce qu’à l’heure actuelle, a-t-il révélé, les représentants du peuple n’ont pas véritablement le pouvoir. Et le professeur Mamadou Coulibaly, d’insister sur l’inefficacité et l’inutilité d’un Sénat en Côte d’Ivoire : « Le Sénat ne  sera nécessaire, utile et efficace que lorsqu’il y aura un régime de décentralisation pure et claire, une bonne liste électorale, un bon découpage électoral, plus de jeunes dans les instances de décisions… »

Cependant, les populations ivoiriennes sont-elles prêtes à prendre en main cette constitution de la démocratie ? Sont-elles prêtes au-delà de leur divergence politique, ethnique,  etc., à converger, ensemble, vers le même centre d’intérêts ? Vers l’intérêt général ? Ce jour-là la démocratie chantera en Côte d’Ivoire. Osons donc !

FLORENCE  APO

A propos Casimir KOUADIO

Un commentaire

  1. Ariko Yves sosthene

    Bonjour à la redaction ! Je partage entièrement l’analyse du professeur Mamadou coulibaly. Et comme lui, je suis septique sur la volonté de la jeunesse à instaurer la démocratie et la transparence pour notre pays. En effet le souhait de ceux-ci ( les jeunes) est d’accéder au sommet un jour et de perpétuer le religionnalisme, le tribalisme, le favoritisme. Sinon, Pourquoi moi jeune, j’ai décide de lutter farouchement contre la corruption mais aucun de mes congénères ne veut faire le combat avec moi et pourtant il ne font qu’en parler dans leurs chambres…
    Je veux mettre en place ce organe de lutte véritable contre la corruption et je veux compter sur vous.
    Merci

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