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Conférence Internationale du Travail / De la honte pour le gouvernement ivoirien, à Genève!

L’aimable mise en garde de l’OIT

Comme c’est étrange! Ni le gouvernement ivoirien, ni le camp de Joseph Ebagninrin, considéré par le gouvernement ivoirien comme l’actuel secrétaire général de l’Union Générale des Travailleurs de Côte d’Ivoire (UGTCI), n’ont jugé nécessaire de s’étendre publiquement sur quelques événements qui se sont produits au cours de la 106e Session de la «Conférence Internationale du Travail» qui s’est tenue à Genève, en juin dernier.
C’est que, pendant cette conférence, la Côte d’Ivoire s’est illustrée encore par sa capacité à exporter son expérience en matière de division. A travers l’Ugtci, une centrale syndicale qui a participé à cette Conférence pour le compte de la Côte d’Ivoire et qui a étalé aux yeux de l’Organisation Internationale du Travail, la crise qui la secoue depuis quelques années.

Ebagninirin et son respect des décisions de la Cour Suprême
Dans son édition N°542 du vendredi 5 mai, « L’Eléphant » avait conté les obstacles dressés sur la route de l’exécution d’un arrêt rendu par la Cour Suprême, en dernier ressort, par des agents de la police, ameutées chaque fois par on ne sait qui. A plusieurs reprises en effet, le camp de François Ade-Mensah et Vouande Gue, lesquels se considèrent comme les seuls et vrais représentants de l’Ugtci, bénéficiaires de l’arrêt de la Cour Suprême les rétablissant dans tous leurs droits en tant que représentants légitimes, a été cependant empêché d’avoir accès aux locaux de la Centrale à Abidjan. Devant ces agissements, le gouvernement ivoirien s’est contenté de regarder ailleurs, alors que le ministère essayait de prêter mains fortes dans l’exécution de la décision. Mais Ade-Mensah n’aura jamais accès aux locaux. Jusqu’à la tenue de la 106è session de la Conférence Internationale du Travail. Une conférence à laquelle a participé Joseph Ebagninirin, en qualité de « Conseiller technique des travailleurs », avec l’aimable approbation du gouvernement et cela, au mépris de l’arrêt de la Cour Suprême. Sauf que Ade-Mensah et Vouande Gue ont, en respect des règles qui régissent l’Organisation Internationale du Travail, adressé une vigoureuse lettre de protestation, quant à la qualité de représentant de l’Ugtci arguée devant elle par Joseph Ebagninrin.
Ainsi saisie, l’OIT s’est rapprochée du gouvernement ivoirien pour avoir sa position sur la crise qui secoue l’Ugtci. C’est que le gouvernement avait activement participé à la désignation des représentants des syndicats devant se rendre à Genève et, avait approuvée la désignation de Joseph Ebagninrin et autres, malgré la décision de la Cour Suprême qui le privait d’un quelconque titre pouvant lui permettre d’agir pour le compte de l’Ugtci.
Mais le gouvernement s’est défendu vigoureusement, dans une communication adressée à « l’OIT », en prétendant d’abord qu’il avait adressé une lettre à l’adresse légale de l’Ugtci pour l’inviter à désigner ses représentants et que la liste qui lui est parvenue était celle de Jospeh Ebagnirin et autres. C’est vrai que le gouvernement ignorait que la Cour suprême avait invalidé l’élection d’Ebagninrin, un événement dont tous les journaux de Côte d’Ivoire s’étaient fait l’écho. Y compris l’infernal « Eléphant Déchaîné » qui avait conté les exploits de la police dans l’obstruction à l’exécution de cette décision de justice devenue définitive.
Ensuite, prenant innocemment le parti de Joseph Ebagninirin, le gouvernement ivoirien a écrit que ce dernier avait formé une « demande de révision » de l’arrêt de la Cour Suprême invalidant son élection et que, en attendant qu’un nouveau Congrès soit tenu, il resterait en fonction.

« La prochaine fois, vous n’entrerez pas ici »
Mais l’Organisation Internationale du Travail a trouvé étrange la réponse du gouvernement ivoirien. Il est vrai qu’en matière de fuite en avant, on peut difficilement faire mieux. Dans un rapport intitulé «Vérification des pouvoirs » dont «L’Eléphant » s’est procuré une copie et datant du 16 juin 2017, «l’OIT » s’est appesanti sur le cas de la Côte d’Ivoire concernée par cette affaire de l’Ugtci. «La commission considère que ce n’est pas ici la représentativité de l’UGTCI qui est en cause mais celle des personnes qui la représentent, en l’occurrence celle de M. Ebagnerin, accrédité en qualité de conseiller technique et délégué suppléant des travailleurs, et de M. Gnelou, accrédité en qualité de conseiller technique. La commission note que cette organisation semble connaître un conflit interne, qui a été porté devant les juridictions internes. En l’absence de tout recours, la commission note que la décision rendue par les instances judiciaires nationales revêt un caractère définitif et exécutoire. La commission exprime par conséquent l’espoir qu’à la prochaine session de la Conférence, la désignation de la délégation des travailleurs s’effectuera en pleine conformité avec l’article 3, paragr. 5, de la Constitution de l’OIT. » Ecrit « l’OIT ».
Traduction. A la prochaine Conférence Internationale du Travail, vu que l’arrêt de la Cour Suprême ne peut plus souffrir de recours, contrairement à ce que prétend le gouvernement en parlant de « révision », Joseph Ebagninrin et consorts, n’auront pas accès à la salle. Bravo!
Comme quoi, l’Organisation Internationale du Travail a plus de considération pour les arrêts de la Cour Suprême ivoirienne que le gouvernement ivoirien lui-même.

ALEX KASSY

A propos Casimir KOUADIO

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